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conférence Claude Couamme 16 Juin 2026

Claude Couamme chante Ferrat, Regiani, Brassens, et d’autres encore. Ce 16 Juin 2026 il est venu nous raconter et nous chanter Jean Ferrat.

Jean Ferrat (1930–2010), né Jean Tenenbaum, est un auteur-compositeur-interprète français, marqué par la déportation de son père, juif, mort à Auschwitz. À 11 ans, il est sauvé par des militants communistes, expérience qui forge son engagement à vie.

Il grandit dans un milieu ouvrier et commence sa carrière dans les cabarets parisiens. En 1961, il épouse la chanteuse Christine Sèvres, amour de sa vie, mais leur relation étouffe la carrière de celle-ci. Après sa mort en 1981, il se remarie avec Colette Laffont.

Ferrat s’installe à Antraigues-sur-Volane, un village de l’Ardèche, dont il tombe amoureux. Il y devient conseiller municipal et y vit jusqu’à sa mort, célébrant cette région dans sa chanson emblématique « La Montagne ».

Son œuvre alterne entre chansons poétiques, romantiques (« Aimer à perdre la raison », adaptation d’un poème d’Aragon) et engagées. « Nuit et Brouillard » (1963) évoque la Shoah, « Camarade » dénonce l’invasion de Prague par les chars russes, et « Bilan » critique le bilan du communisme. « Ma France » (1969) est une déclaration d’amour à la ruralité et à ses valeurs.


Proche du Parti communiste sans en être membre, il est souvent censuré à la radio et à la télévision, ce qui renforce paradoxalement sa popularité. Ferrat reste fidèle à ses idéaux : justice sociale, paix, et défense des opprimés.

Il met en musique de nombreux poèmes d’Aragon, comme « Les Yeux d’Elsa » ou « La Femme est l’avenir de l’homme », et s’impose comme une figure majeure de la chanson à texte française.

Quelques temps forts

 

1. La censure de « Nuit et Brouillard »

En 1963, sa chanson « Nuit et Brouillard », évoquant la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, est interdite à la radio et à la télévision. Malgré cela, elle devient un hymne de la mémoire et reçoit le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles Cros. Ferrat y dénonce l’oubli et l’indifférence face aux crimes nazis, avec des paroles poignantes : « Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers… »

2. « Camarade », la rupture avec Moscou

En 1969, après l’invasion de Prague par les chars soviétiques, Ferrat écrit « Camarade », où il exprime sa désillusion face au communisme soviétique. Cette chanson lui vaut des critiques de la part des militants pro-soviétiques, mais il assume son rôle de « compagnon de route » critique, refusant toute allégeance aveugle

3. « Bilan », la réponse à Georges Marchais

Dans « Bilan » (1980), Ferrat répond directement à Georges Marchais, secrétaire général du PCF, qui avait qualifié le bilan des pays de l’Est de « globalement positif ». Ferrat, lui, dénonce les dérives autoritaires et la répression, ce qui lui vaut d’être marginalisé par une partie de la gauche française

4. Interdit d’antenne à l’ORTF

Dans les années 1960-70, ses chansons jugées « trop politiques » sont régulièrement censurées par l’ORTF (l’ancêtre de France Télévisions). Cette censure, loin de le faire taire, renforce son image de chanteur rebelle et engagé, et ses disques se vendent encore mieux

5. « Potemkine », l’hommage aux révoltes

En 1966, il chante « Potemkine » en public, une chanson inspirée par la mutinerie du cuirassé Potemkine en 1905, symbole de la lutte des opprimés contre le tsarisme. Ce titre, comme beaucoup d’autres, est un appel à la révolte et à la solidarité

6. Conseiller municipal à Antraigues

Installé en Ardèche, il s’engage localement en devenant conseiller municipal de son village, Antraigues-sur-Volane. Il y défend les valeurs de gauche, la laïcité et la justice sociale, tout en restant proche des habitants

 

Les spectateurs ont chanté Jean Ferrat ...